L'AVENTURA - Antonioni

L'AVENTURA - Antonioni
Film atypique et puissant, brillamment mis en scène par le grand Michelangelo Antonioni, "L'Avventura" fit sensation à Cannes en 1960 la même année que "La Dolce Vita". Il est amusant de noter que les deux oeuvres sont diamétralement opposées et que l'inspiration du cinéaste puise dans différents courants mais aboutit pourtant à un résultat extrêmement personnel. Le réalisateur s'attache effectivement à construire ou plutôt déconstruire un long-métrage explorant les contraintes de l'amour tout en s'éloignant de toute trame classique possible et ce parfois à la limite de l'abstraction. Eliminant de façon similaire à Hitchcock (là encore en 1960) son héroïne au bout d'une demie-heure, il opte pour une sorte d'anti-polar vite transformé en un voyage initiatique des sentiments peuplant l'âme humaine. Les grands couloirs vides du château en sont l'explicite métaphore et l'on pourrait à la fois mettre en parallèle et distancier "L'Avventura" du néo-réalisme et plus particulièrement du fameux "Viaggio In Italia" de Rossellini. Le premier est l'anti-thèse du second, optant pour un crescendo du désespoir à l'inverse de son prédécesseur. L'un comme l'autre sont en tous les cas une plongée profonde et émouvante d'un couple entouré de l'Italie, elle-même peuplée par une histoire ancienne constamment exhibée. Monica Vitti, muse d'Antonioni est une fois de plus superbe, habitant littéralement l'oeuvre d'un bout à l'autre, d'une présence physique stupéfiante, jouant avec son corps et sa façon de le présenter avant son visage et sa voix. L'introspection va chercher loin, la solitude et l'humiliation étant les principaux thèmes récurrents d'un homme triste essayant d'évacuer ses sombres pensées à travers les travaux qu'il offrit au septième art. Le petit plus provient de sa technique irréprochable, à l'esthétique visuelle et notamment la photographie remarquable. On pourra toujours lui reprocher d'être nombriliste voire prétentieux, n'empêche que l'impact exercé est incontestable.

# Posté le mardi 06 novembre 2007 02:43

LES PROMESSE DE L'OMBRE David Cronenberg

LES PROMESSE DE L'OMBRE David Cronenberg



Avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel

Bouleversée par la mort d'une jeune fille qu'elle aidait à accoucher, Anna tente de retrouver la famille du nouveau-né en s'aidant du journal intime de la disparue, écrit en russe. En remontant la piste de l'ouvrage qu'elle tente de faire décrypter, la sage-femme rencontre Semyon. Elle ignore que ce paisible propriétaire du luxueux restaurant Trans-Siberian est en fait un redoutable chef de gang et que le document qu'elle possède va lui attirer de sérieux problèmes...
Pour Nikolai, chauffeur et homme de main de la toute-puissante famille criminelle de l'Est, c'est le début d'une remise en cause. Entre Semyon et son fils Kirill, prêts à tout pour récupérer le journal, et l'innocente Anna, sa loyauté va être mise à rude épreuve. Autour d'un document qui se révèle de plus en plus explosif, plusieurs vies sont en jeu, dont la sienne, alors que se déchaînent les meurtres et les trahisons dans la famille comme dans la ville...



# Posté le dimanche 11 novembre 2007 08:35

SUR LES QUAIS - Elia KAZAN

SUR LES QUAIS - Elia KAZAN

Synopsis:

Un jeune docker, Terry Malloy, ancien boxeur, est manipulé par son frère, avocat du syndicat des dockers dirigé par le crapuleux Johnny Friendly. Il assiste sans intervenir au meurtre d'un employé qui voulait dénoncer les méthodes illégales de ce dernier. Malloy se retrouve devant un cas de conscience...

Le film a remporté 8 oscars en 1954.

Oscar du meilleur film
Oscar du meilleur acteur pour Marlon Brando
Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Eva Marie Saint
Oscar de la meilleure direction artistique pour Richard Day
Oscar de la meilleure photographie pour Boris Kaufman
Oscar du meilleur réalisateur pour Elia Kazan
Oscar du meilleur montage pour Gene Milford
Oscar du meilleur scénario original pour Budd Schulberg





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# Posté le lundi 12 novembre 2007 03:47

PRETE MOI TA MAIN

PRETE MOI TA MAIN
La vie est facile pour Luis, 43 ans, célibataire heureux, épanoui dans son métier, aimé, choyé, couvé par sa mère et ses cinq soeurs. Cela aurait pu durer toute une vie, mais voilà...
Lassées de le materner, celles-ci décident qu'il est temps pour lui de se marier. Le plus vite possible ! Cerné par sa famille qui ne pense plus qu'à ça, il élabore un plan : trouver la femme parfaite qui va se faire passer pour sa fiancée et qui va lâchement l'abandonner le jour du mariage. Après ça, plus personne n'osera même prononcer le mot mariage devant lui. Mais comment trouver cette perle rare ? Luis ne voit qu'une solution : la louer !
Et justement, Emma, la soeur de son meilleur ami et collègue, vient d'arriver à Paris et cherche du travail. Ça y est, le plan est en route. Au bout, la liberté pour Luis. Les plans, c'est bien sur le papier. Mais dans la vie, ça peut s'emballer...

# Posté le mardi 13 novembre 2007 04:09

IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE

IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE

Réalisé en 1984 par Sergio Leone

Il était une fois deux truands juifs, Max et Noodles, liés par un pacte d'éternelle amitié. Débutant au début du siècle par de fructueux trafics dans le ghetto de New York, ils voient leurs chemins se séparer, lorsque Noodles se retrouve durant quelques années derrière les barreaux, puis se recouper en pleine période de prohibition, dans les années vingt. Jusqu'au jour où la trahison les sépare à nouveau.

Et nous voici avec le dernier film du regretté Sergio Leone. Et je dois dire que je ne lui ferais aucune fleur. Il a beau avoir mis 15 ans à le faire, je n'en serais pas moins critique malgré mon admiration pour "Et pour quelques dollars de plus" et "Il était une fois dans l'Ouest", deux panthéons du cinéma et western inoubliables et jamais égalés. Le film dure 3h45. Il s'avère d'une longueur inimaginable. Pourtant, si le film était bien fait, on ne verrait pas le temps passé (comme pour le SdA par exemple), mais là, non, on lorgne plutôt vers "Dune", horrible fiasco et bête noire de tout cinéphile ! La réalisation est totalement académique jusqu'à la nausée, aucune once d'originalité ni sur la forme, ni sur le fond. Leone reconstitue le New York des années 20, 30 et de la fin des années 60. Mais l'histoire est si mal racontée, avec des passages d'une époque à l'autre sans lien narratif ni fil conducteur, que cela en devient rapidement inintéressant et soporifique. J'avoue m'être demandé où voulais nous emmener Sergio Leone. La réponse : nulle part. Il est vrai, qu'avec une histoire aussi tarte, digne d'un épisode de "Santa Barbara", aussi dénuée d'intérêt et tellement quelconque, on comprend que l'histoire ne nous est pas destinée, qu'il s'agit d'un fantasme personnel de la part de Leone, qu'il ne partagera à aucun moment avec le spectateur. On ne ressent aucune émotion pour les personnages. La musique est à l'image de la réalisation de Leone : méconnaissable. Où sont donc passé les inoubliables refrains de Morricone ? La musique est sirupeuse à vomir. Vu l'aspect biographico-mélo-dramatique que prends le film, on en vient à douter du talent du réalisateur et à se demander où est passé l'originalité, la maestria, l'efficacité, l'humour et le génie dans la narration et le montage qu'avait Leone pour réaliser les films qui ont fait son succès. Un film à oublier si l'on veut se rappeler de Leone en bien.
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# Posté le dimanche 18 novembre 2007 16:23